©Chantal de La Coste.
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Je suis la bête
Balagan, le blog de Jean-Pierre Thibaudat, 20.02/2018. Par Jean-Pierre Thibaudat.
Une solitude peuplée
C’est ainsi que commence Je suis la bête. Les mots (texte et adaptation)
sont signés Anne Sibran. Le corps, la voix et la mise en scène sont de Julie Delille qui après avoir lu
Je suis la bête (Gallimard, collection Haute enfance) s’est emparée de ce récit extraordinaire dans tous les sens du mot.
    La scénographie, le costume et le « regard extérieur » sont de Chantal de La Coste. Les lumières sont signées Elsa Revol, la création sonore Antoine Richard. Chacun a sa part de réussite dans ce spectacle hors norme, hors catégorie qui va chercher le théâtre dans son étoilement pour y atteindre et conjuguer des tréfonds d’une rare intensité.

La rive dans le noir
Le Figaro, 13.07/2016. Par Armelle Héliot.
À la Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon, au Tinel, c'est un joyau que
l'on peut découvrir. Un de ces moments exquis de charme insolite, de profondeur, de beauté, de joie.
La Rive dans le noir ou une performance
dans les ténèbres a été imaginé et est vécu devant nous par Pascal Quignard et Marie Vialle.
    La présence puissante d'un Quignard toujours émacié et grave, belle voix, la beauté et l'art du jeu de Marie Vialle quia appris à pousser des cris... d'oiseau, les costumes sculptures et la scénographie de Chantal de La Coste, le texte magnifique, tout fait de ce moment un sommet d'émotion et d'intelligence dramatique avec quelque chose d'espiègle. Deux enfants, Quignard et Marie Vialle...

Princesse, vieille reine
Le Figaro, 07.09/2015. Par Armelle Héliot.
Depuis dix ans, Pascal Quiniard écrit pour la comédienne-musicienne,Marie Vialle, qui joue et se joue de ses textes. Dans  Princesse Vieille Reine, les inventions spatiales et textiles de Chantal de la Coste ajoutent au charme.
    
Princesse Vieille Reine, ce sont cinq contes, cinq pièces de tailles très différentes, cinq personnages de femmes, que le styliste des Ombres errantes a ciselées dans du cristal de mots. Rien de froid, mais des évocations de sensations, d’humeurs, de mondes flottants dont Marie Vialle nous restitue la beauté. Chantal de la Coste, qui possède la science des étoffes, des matières, habille et déshabille Marie, qui passe d’un texte à l’autre comme une petite fille se promenant dans un grenier plein de trésors. Comme l’écriture, tout ici est littéralement « cousu main ». De la très haute couture. Marie Vialle chante, siffle, dit, interprète, nuance, chuchote, déchire de cris d’oiseaux, incarne, se déplace, fascinante et gamine parfois. Les textes sont envoûtants. On est sous le charme d’une perfection musicale, intellectuelle, sensuelle.

Michel-Ange
Le Figaro théâtre, 09.10/2013. Michel-Ange. Par Armelle Héliot
Il y a dans ce travail très soigné, qui s'appuie sur une scènographie spectaculaire de Chantal de La Coste, une fantaisie gamine, un questionnement très intelligent de la fonction de l'art, du sens de la "création".

Webthea, 08.10/2013. Ombre et lumière d’un génie. Par Gilles Costaz.
Scénographiquement, le spectacle est déjà étonnant : ce décor de marbre dressé dans le vide, conçu par Chantal de La Coste, est admirable et le déroulement de l’action a cet aspect concis, compact. Quant à Michel-Ange, il est joué par l’un de nos plus grands acteurs, Luc-Antoine Diquero, tout en puissance et en déchirures : un fauve portant dans ses veines le raffinement de l’art. Quelle interprétation !

Judith
Les Trois Coups. Par Emmanuel Cognat, 03.06/2013
Remarquable « Judith » ... Chantal de la Coste construit un théâtre des passions humaines. Un cadeau rare pour une première rencontre.
    Chantal de la Coste, qui a travaillé avec les plus grands en tant que scénographe, a choisi d’offrir sa première mise en scène aux spectateurs de la M.C.93 de Bobigny. Pour faire vivre le mythe de Judith et Holopherne, revisité de manière poignante par Howard Barker, elle fait appel à trois comédiens de talent, sur les épaules desquels elle construit un théâtre des passions humaines. Un cadeau rare pour une première rencontre.
    (...) Dès les premiers mots du monologue d’Holopherne qui ouvre la pièce, on ressent toute l’intelligence de la mise en scène de Chantal de la Coste. Non pas une intelligence tapageuse, comme on en voit trop souvent ces temps-ci, faite d’inventivité forcenée qui n’a cure de malmener le texte qui lui sert de caution. Une intelligence véritable, « étymologique », embrassement empathique d’un texte qu’elle va chercher, et parvenir, à faire sentir et vivre. La plus évidente des manifestations de cette intelligence étant, contrairement à ce que l’on aurait pu attendre d’une professionnelle de la scénographie, le fait qu’elle confie la clef de ce succès à une exceptionnelle distribution, plutôt qu’à un dispositif scénique élaboré.
    Hervé Briaux, que l’on a récemment vu à la M.C. 93 dans Histoires diaboliques (dont il était l’un des principaux atouts) campe en effet un Holopherne grandiose, qui possède tout à la fois la puissance d’un personnage de légende et la complexité d’un homme tourmenté. Son timbre grave et sa diction impeccable, qui ouvrent la pièce avec le monologue morbide du général, agissent comme un pendule hypnotique, happant littéralement le spectateur pour le transporter dans l’ombre des tentures du campement assyrien. Pour lui donner la réplique, Anne Alvaro, qui pénètre dans la pénombre de son intimité avec la démarche hésitante de la soumission, étonne tout d’abord, par son âge, nettement plus avancé que celui de la Judith biblique, autant que par son ton, presque hésitant, qui ne semble guère correspondre à l’héroïne que l’on attend qu’elle devienne. Quelques minutes lui suffisent toutefois pour subjuguer l’assistance. Elle confère en effet à sa Judith l’extraordinaire et si humain équilibre entre force et fragilité que seul un jeu tantôt fin et discret, tantôt énergique et violent – mais toujours parfaitement maîtrisé – peut rendre possible. Face à deux acteurs d’un tel talent, la partie n’est pas facile pour Sophie Rodrigues qui campe une servante conçue par Barker comme un contrepoint aux deux autres personnages. Déterminée, rationnelle, imperméable à toute pitié pour l’oppresseur et, en ce sens, aveugle aux passions qui sont le cœur de la pièce, elle est le prisme sur lequel se réfléchissent les sentiments du couple mythique. Malgré un rôle d’une profondeur forcément moindre, elle s’en acquitte avec une belle énergie qui contribue à soutenir l’attention du spectateur jusqu’à l’issue de la pièce, malgré la mort d’Holopherne peu après son mitan.
    Autour de ce brillant trio, le dispositif scénique se fait discret, écrin subtil et élégant qui contribue à camper le décor sans jamais détourner l’attention de ce qui compte. Celui qui souhaitera s’y intéresser lui trouvera toutefois du sens, qu’il s’agisse du contraste entre le sable noir qui recouvre le plateau, la blancheur des draps d’Holopherne et de son baldaquin et le rouge de son sang ou encore des casques de phalangistes rangés au sol et régulièrement transpercés par le faisceau de lumière qui accompagne la trompette de la vigie. Pour ma part, je n’en n’ai pas eu le loisir. Car la sortie de Judith, redevenue celle dont l’histoire a conservé la mémoire, m’a quasiment pris au dépourvu, en même temps que soulagé, tant la tension dramatique était demeurée constante soixante-dix minutes durant.

Première, 30.05/2013. Par Hélène Kuttner
Pour sa première mise en scène, la scénographe Chantal de la Coste réussit son pari : sur le sable d’un blond désertique, près d’une tente rectangulaire qui sera le lieu des ébats, un trio d’acteurs brillants rend la pièce incandescente. Anne Alvaro (Judith), solaire, sidérée et sidérante de mystère, suspendue à des mots qui hésitent entre mensonge et vérité ; Hervé Briaux (Holopherne) lourd d’une gravité dangereuse ; Sophie Rodrigues, vive et légère, comme une abeille allant droit au but dans sa concrétude. La tension, palpable, s’immisce jusque dans leurs vêtements faits de riches étoffes, alors qu’une armée de casques, posés à terre et illuminés, nous rappelle que le combat des Assyriens reprendra dès l’aube. Du début à la fin, les acteurs nous tiennent suspendus à leurs gestes et à leurs mots. C’est un très beau moment de théâtre, qui nous laisse ébahis et surtout pétris d’interrogations.

AFP, 28.05/2013
Anne Alvaro vibrante dans «Judith» de Howard Barker.

Reg’Arts, 27.05/2013. Par Gérard Noël.
Dans le rôle du tyran, Hervé Briaux est saisissant. Il a pour lui son physique et son jeu brutal, qui fait alterner grondements et douceur. Il incarne on ne peut mieux les méandres et mystères de son personnage. Belle présence de Sophie Rodrigues, à la fois légère et tragique. La « jeune » metteuse en scène Chantal de la Coste a fait un travail remarquable, il faut le dire. Voici une pièce que nous recommandons…évidemment.

Théâtre du blog, 25.05/2013. Par Véronique Hotte.
La mise en scène raffinée de Chantal de la Coste œuvre dans le sens de ce jeu d’amour et de répudiation, de vie et de mort. Holopherne souhaite s’entretenir de la fatalité tragique en cette dernière nuit avant la bataille. Sur un sol recouvert d’un beau sable blond, la tente protège la couche du tyran et guerrier, non loin de l’armée qu’on sait prête à se lever. Métaphore militaire, sont déposés sur la plage des casques de fer que l’éclairage d’un mirador, de temps à autre, fait scintiller, rappel régulier de la sentinelle pour le massacre, dès la levée du jour.
    Les impossibles amants ont l’intention respective de réprouver comme d’embrasser, de tuer l’autre et de l’aimer, en même temps. Le duel est à armes égales, entre pensée et abandon. Sophie Rodrigues en suivante instinctive, pratique avec plaisir une diction naturelle. Hervé Briaux, stature imposante et fragilité sourde, apporte à Holopherne réserve et panache. Anne Alvaro, grande actrice tragique, tendue et lumineuse, fait entendre des cris sublimes de bête meurtrie, des hurlements profondément humains de victime traquée. C’est un magnifique non désespéré, un refus de l’horreur qui n’en finit pas de se répandre par-delà le temps.